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Les soutiens de Marion Maréchal-Le Pen nous racontent comment ils ont été écartés du Congrès et de la direction

Marion Maréchal Le Pen en janvier 2017.

POLITIQUE - Marine Le Pen voulait qu'on retienne du XVIe Congrès du Front national la "refondation" du parti et sa capacité à nouer des alliances. Finalement, ce sont les polémiques liées à son nouveau nom et la sortie raciste de l'un de ses collaborateurs qui ont monopolisé l'attention.

Pire, alors que les cadres espéraient un congrès de thérapie censé soigner les plaies ouvertes de 2017 par l'administration d'une dose de démocratie interne, les regrets et les rancœurs sont tenaces dans les rangs frontistes, tant la promesse de "refondation" s'est limitée à un changement de raison sociale.

Principal grief, cette façon dont "Marine" a "verrouillé l'appareil", en plaçant "sa petite garde" aux postes clés et en faisant voter des statuts taillés sur mesure. S'estimant lésés, les 'marionistes' voient dans cette nouvelle organisation une confiscation du pouvoir. "Traditionnellement, on laisse un strapontin à chaque sensibilité. Là, ce sont surtout les 'marinistes' qui sont représentés", explique un cadre frontiste, qui a participé à la rédaction du programme présidentiel de Marine Le Pen.

"Clairement menacés"

Cet interlocuteur en veut pour preuve la non-intégration de deux étoiles montantes du parti, "suspectées d'être proches de Marion Maréchal-Le Pen", au Conseil national: Antoine Mellies et François de Voyer. Le premier est conseiller régional FN et fondateur du collectif Audace, dont la présidence a récemment échu au second. Cette structure de "jeunes actifs patriotes" a pour ambition de séduire les entrepreneurs et laboure au delà des terres frontistes, échangeant notamment avec Jean-Frédéric Poisson. Soit peu ou prou l'application du projet de Marion Maréchal-Le Pen, laquelle entend s'adresser à la "droite enracinée et entrepreneuriale".

Non élus au Conseil national, "l'assemblée" du parti, Antoine Mellies et François de Voyer n'ont pas été repêchés par la Marine Le Pen. Interprétation lapidaire d'un cadre: "les 'marionistes' ont été exécutés ce week-end". Une vision des choses corroborée, quoi que nuancée, par un élu du sud. "Le terme est un peu fort. Mais s'il y a des perdants et des gagnants à l'issue du congrès, les proches de 'Marion' font partie de la première catégorie", concède-t-il. "Comme il n'y a plus personne pour les protéger, les 'marionistes' se sentent clairement menacés", résume un autre cadre.

Cette mise à l'écart a pour explication le refus catégorique de Marine Le Pen de voir se développer une poche de contestation qui la fragiliserait davantage. D'autant que derrière cette "Marion nostalgie", s'exprime un ras-le-bol sur la façon dont la députée du Nord, affaiblie par ses déboires électoraux, conforte ses proches dans les instances du parti.

Au delà des personnes, la ligne

Dans un climat de règlements de compte, il n'est même pas nécessaire d'être un 'marioniste' pur jus pour se voir menacé. L'homme en forme du moment, le vice-président Nicolas Bay, est également dans le collimateur de l'état-major "mariniste", qui le soupçonne de vouloir surfer sur l'espace politique de l'ex-députée du Vaucluse. "D'aucuns voient en lui le cheval de Troie des identitaires dans un contexte où Marine Le Pen veut réduire leur influence", explique un cadre du Rassemblement Bleu Marine au JDD. "Bay est la cible numéro un de l'entourage de Marine Le Pen", se désole un élu frontiste proche de Marion Maréchal-Le Pen, lequel regrette le manque de considération dont il a fait l'objet tout au long du congrès.

Une ambiance de suspicion générale qui est loin de rétablir la sérénité dans les rangs frontistes. Proche de "MMLP", Gilbert Collard ne l'a pas vraiment joué collectif ce week-end, histoire de manifester sa mauvaise humeur à l'égard du fonctionnement de la direction du FN. "Il a foutu le bordel tout au long du congrès! Il a dit qu'il était contre le nouveau nom, ensuite qu'il désapprouvait la venue de Banon et dimanche, c'était le premier à lâcher Davy Rodriguez", constate un élu sudiste. Un proche du député gardois commente: "il sait à qui il doit sa réélection (Marion Maréchal-Le Pen l'a beaucoup soutenu, ndlr). Il a plus de 70 ans et il lui reste quatre ans de mandat. Il fait ce qu'il veut, il n'en a plus rien à branler". Ça promet.

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